Volturne 3001 : quatrième épisode

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’attaque de l’avant-poste pirate ne se passe pas tout à fait comme Rand Al’Skyborn l’aurait voulu. Au lieu de supprimer les drones survolant le camp, l’un après l’autre, et d’envoyer une petite équipe désactiver le bouclier d’énergie et mettre hors d’état de nuire les gardes, discrètement (ce qu’un jet d’intelligence réussi aurait sans doute permis), les Kurabandas déroulent leurs lianes, et, comme à leur habitude, se jettent du haut de la Canopée en hurlant leur joie féroce. Bien sûr, juste avant eux, Yanguyss « Membrane Brûlée » a cru bon de prouver sa vaillance en s’élançant avec fierté… tout droit sur la barrière d’énergie (un jet de dextérité malheureux) pour venir rouler lourdement sur le sol de terre battue de l’avant-poste, à deux mètres d’une porte blindée, fermée.

Socrates Platoon est de plus en plus mal à l’aise, et s’il s’élance avec les guerriers Kurabandas, notamment à la suite d’Ermorada, ce n’est pas sans appréhension. Il y a quelque chose, sous le toit de tôle ondulée, qu’il ne veut pas rencontrer. Son passé peut-être. Bick Art et Ari Stoï participent à l’assaut et, tout comme le médecin, se retrouvent sur le toit du bâtiment principal, heureusement à l’abri du feu nourri de l’automitrailleuse pirate qui décime les Kurabandas, malgré leur agilité. À son grand étonnement, la trappe d’accès à l’intérieur du bâtiment, pourtant sécurisée, s’ouvre pour lui. Comme si elle reconnaissait ses signes vitaux.

Rand Al’Skyborn, sa déception passée, retrouve ses réflexes de stratège, et se jette sur le blindé, une grenade anesthésiante à la main. Proprement, efficacement, tel le soldat de l’Etoile de Truane qu’il reste, il prend le contrôle du véhicule et tourne sa puissance destructrice vers les pirates qui sortent de l’avant-poste. Ah, s’il avait pu diriger cette opération comme il le souhaitait, tout cela aurait été terminé en quelques minutes, et presque sans coup férir. Faisant méthodiquement le tour des bâtiments, il s’approche d’un hangar, et l’ayant ouvert, découvre un jetcoptère, massif, éteint, mais manifestement prêt à prendre son envol.

Yanguyss, de son côté, après un corps à corps avec un pirate, parvient à entrer dans le bâtiment et, avisant la salle de la génératrice coupe le courant, plongeant les salles intérieures dans une totale obscurité… juste au moment où Socrates Platoon et Bick Art s’apprêtent à sauter du toit, par un puits de lumière, dans ce qu’ils ont reconnu comme étant une salle de radio. Or, un pirate, à la chevelure rousse, blessé mais déterminé, les y attend de pied ferme. Un pirate qui, ayant échangé un regard avec Socrates, semble l’avoir reconnu. Une grenade anesthésiante lancée par Socratès a toutefois raison de sa résistance. Bien décidé à l’interroger, le médecin le traîne dans une salle de repos adjacente. Ari Stoï, lui, décide de couvrir ses camarades en restant sur le toit et en interdisant à tout pirate d’entrer ou de sortir du bâtiment.

Contre toute attente, il ne lui arrive rien.

Les Kurabandas, surexcités, ont également pénétré dans l’avant-poste et ne font pas de quartier. Ou plutôt si : ils découpent des quartiers de viande de pirate, décapitent à tout-va, comme des enfants fous de joie qui désarticulent leurs figurines. Il ne fait pas bon être un « Démon du Ciel », ce matin-là, sur Volturne. Beaucoup de guerriers de la Canopée meurent aussi, mais cela ne semble guère affecter l’ardeur d’Ermorada.

Yanguyss, bientôt rejoint par Bick Art, découvre une salle informatique.

Le Dralasite, retrouvant rapidement ses réflexes d’informaticien-roboticien, craque assez facilement les sécurités du terminal devant lui et apprend beaucoup : les pirates sont venus sur Volturne pour exploiter des gisements de vibrillium et de tomarillium (deux minerais essentiels à la propulsion des vaisseaux interstellaires de la Fédération des Planètes Unies) et, manifestement, il y a plusieurs bases pirates réparties à la surface de la planète. En fouillant les mémoires informatiques plus avant, il s’aperçoit aussi que l’avant-poste auquel les compagnons ont donné l’assaut a deux niveaux. Le second, en sous-sol, semble jouer le rôle de laboratoire d’analyses médicales. Le lien entre l’exploitation de minerai et le laboratoire médical n’a rien d’évident, et Yanguyss n’est pas convaincu que les pirates puissent réellement faire de l’exobiologie pour le plaisir. Juste avant de repartir, Bick Art s’aperçoit aussi qu’il peut aussi prendre le contrôle des robots de combats (de niveau 3) qui se trouvent dans les bâtiments. L’un d’eux, précisément, vient de s’activer dans une salle de stockage qui jouxte le hangar dans lequel se trouve le jetcoptère.

Rand Al’Skyborn aux prises avec un pirate récalcitrant, est attaqué par un robot de combat qui cherche à le ceinturer. Il connaît bien ce type de machine, programmable à distance, pataude mais puissante. Il saurait aisément sans dépêtrer s’il n’y avait ce pirate qui l’ajuste sans cesse et le blesse. Mais, heureusement, le robot se retourne brusquement contre son adversaire, s’interpose, le protège de sa masse métallique, et finit par immobiliser le pirate. Rand Al’Skyborn ne se trompe pas : ce n’est pas un élan d’amitié. Le robot a sans doute été reprogrammé à distance. Bick Art, de l’autre côté de l’avant-poste, assume le rôle d’ingénieur-ange gardien. Sans perdre de temps, Rand rejoint les compagnons.

Tous se rassemblent à la porte du laboratoire souterrains et descendent une volée de marches. Socrates, plus taiseux que jamais, est au plus mal. Nul, parmi les compagnons ne sait encore qu’il n’est pas celui qu’il croit être. Le pirate roux, qui s’appelle Boris Sandovar, le lui a révélé, durant leur tête à tête. Son vrai nom est Jameson Ischorius, l’un des plus puissants capitaines de la piraterie stellaire, dont Sandovar, précisément, était le second. La mémoire d’Ischorius a été effacée, sa personnalité modifiée, et il a été envoyé en mission loin de l’avant-poste, en direction du désert et des montagnes, il y a plusieurs années. Ceux qui ont pris cette décision, ont également pris le contrôle de l’avant-poste pirate. Boris Sandovar, amer, l’apprend à son ancien capitaine.

« Nous avons été doublés, Jameson. Ils ont pris le contrôle de nos vies, de nos destins. »

Au pied de l’escalier, une théorie de cellules médicalisées se déploie, à gauche et à droite d’un couloir froid qui se termine brutalement sur la porte en vitracier d’une salle d’opération. Les compagnons investissent l’espace, fouillent les cellules. Outre une créature inconnue à l’agonie, identifiée comme un Edestekaï sur le moniteur médical de son lit, les compagnons trouvent un Kurabanda atrocement mutilé et dans un état d’extrême faiblesse. C’est, bien sûr, Juramanu, le fils d’Auramada. Yanguyss le comprend d’emblée : amputé d’une jambe, couturé de cicatrices à l’abdomen et à la tête, il ne sera plus jamais un guerrier. Juste avant de le sédater profondément, il se penche sur lui et l’entend souffler deux mots.

« Eornas. Volkoss ».

Socrates, dans un voile de souffrance psychologique, ouvre à la volée les portes de la salle d’opération. Un robot médical, d’une grande précision, se tient là, au bord d’un lit, en attente de procédures opératoires. Pour Bick Art, Rand Al’, et Yanguyss, la technologie dédiée à cette salle de chirurgie n’est absolument pas familière. Pour celui qui croyait être un médecin, seul survivant de la première expédition militaire sur Volturne de l’Etoile de Truane, la salle fait surgir des images d’un violence inouïe. Ici, un certain Jameson Ischorius a vu sa personnalité, sa mémoire et sa chair déchirées, reconfigurées. Ici, il est devenu le héraut des Eornas, de leur implacable volonté. Et, comme tout héraut, sa mission accomplie, il lui faut rentrer à la base.

« Eornas. Volkoss ».

Socrates Platoon, ou plutôt Jameson Ischorius, tombe à genoux. Les compagnons le soutiennent et Bick Art, remonté précipitamment à l’étage supérieur, se rend à la salle informatique. Pendant que Rand Al’Skyborn brûle le corps sans vie de Juramanu, en lui offrant le chant d’honneur des militaires de l’Etoile de Truane, Ermorada, considérant sa mission accomplie, s’en retourne avec les guerriers Kurabandas survivants dans la Canopée. L’ingénieur dralasite, lui, en apprend plus : Volkoss est une cité en ruine, bâtie par une civilisation très ancienne, qui se trouve au sud, sud-est de la Canopée. Elle est accessible par jetcoptère, et la carte partielle de Volturne a été téléchargée récemment (avant leur arrivée semble-t-il) dans l’ordinateur du bord du véhicule volant qui se trouve dans le hangar, par lequel est entré Rand Al’Skyborn. Ne résistant pas, Bick Art, tape deux autres requêtes, et obtient cette réponse :

« Socrates Platoon > Jameson Ischorius > aucun fichier ».

Le vol du jetcoptère se fait sans encombre, à moyenne altitude. Ari Stoï, le cartographe Vrusk, malgré son équanimité proverbiale, ne peut retenir son admiration : Volturne est un monde immense, chatoyant, mystérieux. Un univers à part entière. Cette planète pourrait faire l’objet d’une mission de cartographie de plusieurs centaines d’années-standard. Là-bas, au loin vers le nord, une chaîne de montagnes enneigées, démesurées, barre un horizon qui, pourtant, semble refuser de courber l’échine, et, vers le sud, dans la direction prise par le jetcoptère, piloté d’une main sûre par le vétéran de l’Etoile de Truane, miroite un océan qui semble vouloir se jeter dans le ciel. Nul doute que les mers de Volturne recèlent des archipels d’îles fabuleuses entre lesquelles des vaisseaux aux voiles immenses transportent autant de marchandises que d’aventuriers.

Mais, pour l’heure, la cité de Volkoss dévoile ses ruines cyclopéennes aux compagnons.

Rand Al’Skyborn pose le jetcoptère près d’un bassin dans lequel une eau d’une pureté exceptionnelle, cristalline, attend que quelqu’un s’en désaltère. Indifférent à tout, Jameson Ischorius se penche. Le liquide clair, frais, le régénère. À sa suite, boivent également Rand et Yanguyss. Mais des babouins volturniens, bruyants, joueurs et excités, surgissent des colonnades proches et s’en prennent aux compagnons. Leur chef, un grand mâle, à la musculature et à la mâchoire puissantes, refuse avec un mépris manifeste, l’offre de paix et de bouche de l’exobiologiste yazirien. Au contraire des Ul-Mors, ces créatures-là ne partageront pas leur eau. Rand Al’Skyborn, avec la sagesse du guerrier qui a appris à ne mener que les combats vraiment utiles, suggère aux compagnons de se retirer.

Après un bref survol des ruines à basse altitude, le jetcoptère trouve son but.

Là, à gauche d’une colonnade qui tutoie le ciel vespéral de Volturne, un gouffre béant semble inviter les compagnons. Il est assez vaste pour que le jetcoptère y pénètre en vol stationnaire. Rand Al’Skyborn n’hésite pas. Allumant les feux extérieurs, il engage le jetcoptère dans les ténèbres. Au bout de trente, peut-être quarante mètres de chute contrôlée, le militaire de l’Etoile de Truane pose le véhicule sur une vaste plateforme de métal poli. Une plateforme qui n’a rien de naturel. Une lumière, tout autant artificielle, qui semble venir de nulle part, est distribuée en myriades, depuis la roche vitrifiée elle-même.

Les compagnons, Ischorius en tête, qui a retrouvé un peu de sa cohésion psychologique et morale, s’engagent sur une large passerelle, qui les mène à une haute double-porte en cristal. Celle-ci semble avoir été travaillée au niveau submoléculaire, grâce à une technologie très avancée. La porte s’ouvre, lentement et dans un silence surnaturel. L’Inconnu revêt la forme d’un saurien élancé, de trois mètres de haut, à la peau verte écailleuse recouverte d’une fourrure blanche, au regard étincelant d’intelligence et, en même temps, empreint de dignité.

« Soyez les bienvenus à la Grande Mission des Eornas. Nous vous attendions ».

Puis l’Eornas se tourne vers Ischorius.

« Tu as rempli ta mission, Jameson Ischorius ».

Les compagnons emboîtent le pas de l’Eornas et, passées les hautes portes, découvrent, à partir d’un promontoire de cristal, la véritable cité de Volkoss, qui n’a rien d’une ruine. Bâtie par une civilisation avancée qui a fait de l’Harmonie la clef de voûte de son édifice social, elle est géométriquement distribuée en flèches de cristal, en agoras d’argent, et en voies de circulation d’opaline laiteuse, qui s’enroulent, comme des lianes vivantes, entre les édifices, modifiant leur ascension, semble-t-il, à la demande. La volonté des Eornas est capable de contrôler directement la matière elle-même. Générant une passerelle de cristal légèrement bleutée, l’Eornas qui a accueilli les compagnons s’avance d’un pas sûr et enjambe le gouffre.

Tous se retrouvent dans une vaste salle, au plafond si haut qu’il se noie dans le miroitement de l’air. Pour Rand Al’Skyborn, il s’agit d’un conseil de commandement. Ou peut-être d’un tribunal. Mais, les Eornas présents affichent une bienveillance posée. Leur sourire est dénué de férocité, ou même de malice, et rien de menaçant ne plane sur leurs visages de sauriens hyper-évolués. Yanguyss les observe, lui aussi, sans parvenir à déterminer leur sexe, leur âge, ou leur rang social. Tout au plus, relève-t-il de subtiles différences dans la couleur de leur fourrure scapulaire et abdominale, parfois immaculée, parfois plus sombre. Leurs gestes, lents et sûrs, sont comme leurs expressions : un hommage vibrant à la parcimonie.

« Acceptez-vous, visiteurs, de passer le test ? » demande l’Eornas qui les a accueillis.

Sans trop réfléchir, et comprenant que la révélation n’aura lieu que si toutes les étapes intermédiaires ont été accomplies, les compagnons acceptent le test, à l’exception d’Ischorius qui comprend, avec une soudain clarté d’analyse, que lui l’a déjà subi, il y a bien longtemps.

Immédiatement, du point de vue de Yanguyss, Bick Art, Ari Stoï, et Rand Al’Skyborn, la salle, la ville, les hôtes, les cristaux, tout s’abolit et les compagnons se retrouvent dans une caverne sombre, humide, froide, qui semble receler mille dangers. Yanguyss tombe dans un cycle maniaco-dépressif très rapide, passant, en quelques minutes de l’impression qu’il a accompli un exploit qu’aucun Yazirien n’a su faire avant lui et qu’il peut régner, seul, sur les 3000 mondes de la Fédération des Planètes-Unies, à la sensation de sa totale inutilité, de son incompétence crasse, doublée d’une envie violente de mettre fin à ses jours. Bick Art, lui, ne sait plus quelle forme doit prendre son corps. Ari Stoï, déjà, suffoque, en proie à un sentiment de mort imminente. Rand Al’Skyborn, lui, subit un authentique dédoublement de personnalité. Il se voit, face à lui-même, s’accuse, se morigène, s’insulte. Puis, sa fille prend sa place, l’accuse :

« Père, pourquoi ne m’as-tu pas sauvée ? »

Le Vétéran tombe à genoux, lutte, tente de s’expliquer, de faire comprendre à celle qui était tout pour lui. Tout. Soudain, il devient cette fillette qu’il a tant aimée et pourtant perdue. Il est sa fille à présent, accusant son propre père. Ce père qui a été absent, sans force, qui n’a pas su lui offrir la joie éternelle, la jeunesse insouciante. L’épreuve est terrible, mais Rand Al’SKyborn se pardonne enfin à lui-même, par la voix apaisée de sa propre fille ; il enlace sa progéniture perdue, par-delà le temps, la matière, et toutes les lois physiques de l’univers. Il retrouve la paix.

Presqu’au même instant, Yanguyss atteint le point d’équilibre entre la négation de soi et l’orgueil démesurée. Il trouve l’ataraxie qui asservit le temps et, comme la méditation, le transforme en mer étale. Les compagnons qui ont contrôlé leur mental rouvrent les yeux, sains et saufs, dans la salle du conseil de commandement des Eornas. Bick Art et Ari Stoï, qui eux n’ont pas réussi l’épreuve, restent inconscients. Mais, l’un comme l’autre survivront, car les Eornas ne tuent pas par plaisir.

« Vous avez conquis l’Ataraxie, toi, Yanguyss le Yazirien, et toi, Rand Al’SKyborn, l’Humain ».

Les Eornas dévoilent la Grande Mission aux compagnons qui joueront un rôle décisif dans le futur proche de Volturne : les Sathars reviennent et sont sur le point de donner l’assaut à l’espace de la Fédération des Planètes-Unies, en se servant de Volturne comme base de commandement. Mais cela, les Eornas ne le permettront pas. Ils ont, grâce à leur savoir-faire génétique et à leur technologie moléculaire, modifié en profondeur l’évolution et le destin des trois races de Volturne : Ul-Mors, Kurabandas et Edestékaï ont été conditionnés, à leur insu, pour coopérer entre eux et devenir les soldats de l’armée composite de Volturne. Aux Ul-Mors, la télépathie, aux Kurabandas la férocité, et aux Edestekaï, dont les compagnons ne savent encore presque rien, la technologie militaire. Les trois réunis, avec l’aide des Eornas qui contrôlent l’esprit et la matière, sauront vaincre les Sathars.

« La bataille décisive aura lieu ici, sur Volturne. Et vous y jouerez un rôle-clef ».

Cédant à une impulsion, qui lui a peut-être été suggérée par l’un des Eornas présents, Yanguyss exhibe les petits morceaux solidifiés de magma conscient qu’il avait conservés depuis leur rencontre chtonienne. Instantanément, dès qu’ils roulent sur la table, ils s’éveillent à nouveau à la conscience, et extrudent de tout jeunes cristaux. Les Eornas entrent en communication avec le Magma qui n’est que l’une de leur nombreuses créations. Un défenseur, en somme. Comme le seront, à présent, les compagnons.

Le destin de Volturne sera celui de l’Univers.

Demain, la guerre commence.

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