Les Chroniques de Dessarin – Episode 4, Partie 3

En préparation de notre prochaine séance, nous retrouvons les Chroniques de Dessarin, la campagne écrite par Fabien.
Voici la troisième partie de cet épisode. Vous pouvez aussi relire l’Episode 1, l’Episode 2, l’Episode 3, ainsi que la première et la deuxième partie de l’Episode 4.

« Ah, j’ai l’impression qu’une bande de gobelins a joué à balle-au-pied avec ma tête ! ». Gwydn fut le premier à se réveiller.
Il se trouvait avec ses amis dans les étables des hippogriffes des chevaliers de Ventplume. Combien de temps après ? Il n’aurait su le dire avec précision.
Revenant à lui, Draff tenta immédiatement de se dégager. Mais sans succès : son métabolisme était encore intoxiqué par le poison. Alcarinquë était dans le même état. Il promena le regard autour de lui. Les cinq amis étaient tous entravés et de solides chaînes en acier avaient été placées à leur cou.
« Ahhh, gardes ! Je souffre l’enfer… ahh ». Le corps de Cafard Blafard était parcouru de spasmes et un rivet de bave blanche sortait de sa bouche.
« Taisez-vous ! Nous viendrons assez tôt nous occuper de vous » ricana le garde qui se trouvait hors de leur vue.
Melius se concentra sur un sort. Son esprit était encore prisonnier du narcotique qui leur avait été administré par Thurl Merosska et il dut accomplir beaucoup d’efforts pour obtenir un simple petit éclair de magie accompagné d’un bref crépitement à quelques pas d’eux.
« Je n’y arrive pas ! » conclut-il frustré.

Soudainement des cris se firent entendre, suivis de pas précipités.
“Qu’est-ce qui se passe ? Le pont ! Le pont !”.
A présent un cliquetis d’armes provenait du haut de la tour.
« Que se passe-t-il ? » demanda surpris Alcarinquë, qui venait enfin de recouvrer complètement ses esprits.
En guise de réponse, un chevalier en arme roula dans l’escalier comme un projectile.
Au-dessus des compagnons quelque chose de lourd, quelques chose de très lourd se déplaçait et détruisait tout sur son passage si l’on pouvait croire les cris de douleurs qui descendaient jusqu’à eux.
“Délivre-nous si tu veux vivre !” lança Cafard au chevalier de Ventplume qui venait d’atterrir presqu’à ses pieds.
Mais celui-ci l’ignora complètement.
Après s’être relevé, il se dirigea en boitant vers les lourdes caisses en bois qui étaient placées le long des murs de l’étable. Fébrilement, il commença à en sortir des armes.
Alcarinquë se concentra et prononça alors un mot de commandement : “Approche”.
Le chevalier s’arrêta.
Gwydn en profita pour murmurer quelques mots magiques. Son apparence fut immédiatement changée : il portait une armure semblable à celle du garde. Son visage était tuméfié.
« Qu’est-ce que tu attends ? Thurl nous fera écorcher vifs ! Regarde : je crois qu’ils se sont délivrés. Montre-moi les clefs. Que fais-tu encore là ?”.
Un autre bruit – une explosion – se fit entendre.
“Tiens” dit le garde prêt à se ruer à nouveau dans l’escalier pour aller au secours de ses camarades.
Gwydn saisit alors cet instant pour attraper la dague de l’homme et le neutraliser d’un geste rapide. Après s’être saisi du trousseau de clefs, le barde se tourna aussitôt vers ses amis pour les libérer.
Une voix de femme hurlait dans l’escalier. “Merusska ! Merusska !”.

Les compagnons ouvrirent à leur tour les caisses : il y avait bien des armes mais pas les leurs.
« Il va falloir faire avec ! » dit simplement Draff.
Ils se ruèrent dans l’escalier qui se trouvait embaumé dans une sorte de brouillard de poussière fine. Une poussière de pierre âcre qui leur asséchait la bouche et leur brûlait les poumons.
Ils virent alors cinq personnes émerger et commencer à descendre dans leur direction. Ils portaient des armures étranges, semblables à de la boue séchée.
A l’extérieur, le pont levis était toujours debout. Mais un autre pont, moulé à partir d’une coulée de terre compacte réunissait désormais la tour de Ventplume à l’autre côté de la crevasse.
Mélius se concentra : un flot d’énergie parcouru son corps. Il posa alors sur la pierre et l’énergie se propagea dans l’escalier, le faisant vibrer avec un crissement terrifiant. Les hommes en armes furent éjectés : trois tombèrent directement aux pieds des compagnons alors que deux parvinrent péniblement à rester debout.
Gwydn se lança à l’assaut du premier d’entre eux. Cependant la lame de sa courte dague plongea à côté. Alcarinquë choisit cet instant pour frapper  et la lame de son épée s’enticha profondément des le corps d’une deuxième homme. Celui-ci s’effondra.
« Leurs armures sont formidables mais pas impénétrables » cria-t-il pour rassurer ses amis.
Dos à dos, Draff et Cafard luttaient comme une seule et même personne dans l’espace exigu de l’escalier. Leurs coups pleuvaient avec une précision diabolique sur leurs adversaires.
L’un d’entre eux parvint malgré tout à s’avancer jusqu’à Alcarinquë. Il leva haut son morgenstern mais la lourde arme ne trouva que de l’air : l’elfe de l’aurore avait esquivé avec souplesse l’attaque. Malheureusement l’arme s’abattit sur Cafard. Le jeune moine sombra immédiatement dans l’inconscience, assommé par la douleur lancinante de sa blessure.
Voyant son ami en difficulté, Mélius tente de recourir à nouveau à la magie. “Peut-être puis-je le saisir dans un nuage de glace” pensa-t-il. Mais sans succès. L’énergie qui mettait en action ses sorts s’était à nouveau dérobée.
Un autre garde plongea alors une lame dans le côté de l’ensorceleur qui mit un genou à terre.
Gwydn commença à entonner un chant guerrier, le chant des nains de Mithril Hall. Tous ses amis recouvrèrent un peu de courage et la bataille, qui semblait tourner en faveur des assaillants, se trouva à nouveau indécise.
« Tiens » dit le jeune barde en plongeant profondément sa dague dans le gorge du guerrier qui se trouvait en face de lui.
« Tu veux toutes les honneurs ! Tu peux m’en laisser quand même un peu ! » ricana Mélius avant de lancer un sort de catapulte sur l’un des barils qui se trouvaient à proximité. Le récipient fut projeté en plein visage du garde le plus proche. Sous la force du choc, celui-ci ne se releva plus.
Mais un autre homme s’avançait déjà.
« Crevez vermine ! » dit-il avant d’assener à Draff un coup formidable avec son morgenstern. Malgré la violence de l’assaut, l’elfe noir parvint à se désengager à temps. L’homme se mit alors à courir vers les torches.
Trop tard.
Une lame de glace venait de se former dans la main de Melius qui, immédiatement, la projeta en direction du guerrier. Sa course s’arrêta deux pas plus loin.
Ils n’eurent le temps de souffler que quelques précieux instants. Alcarinquë se rendit aux côtés de Cafard. A chaque respiration du moine, un sifflement inquiétant se faisait entendre.
« Mon ami, tu as plusieurs côtés cassées et je crois que l’une d’entre elles a perforé ton poumon gauche. Je vais guérir mais cela risque de te faire souffrir ».
Cafard lança à l’elfe de l’aurore un sourire entendu. « Vas-y ! ». Et il serra les dents.
Le paladin se mit à prier tout en imposant ses mains sur le torse de Cafard Blafard. Un bruit de craquement sec se fit entendre alors que ses os se repositionnaient et le moine ne put réprimer un léger cri de douleur.
« C’est fini » dit Alcarinquë, rassurant.

De son côté, Gwydn était descendu pour libérer les hippogriffes. Mais un garde l’attendait dans l’étable. Il avait dû profiter de la bataille dans l’escalier pour s’y dissimuler.
Le barde ne recula pas.
“Dégage”.
“Je t’attends” répondit l’autre avec un sourire mauvais.
La voix de Gwydn, gutturale, devint un grondement. Le garde se rétama dix mètres plus loin contre le mur en pierre et s’affaissa directement dans les flammes.
“Cuis dans ton pot de terre” conclut le demi-elfe.
Il faut rejoint quelques instants après par Melius qui, d’un geste assuré, éteignit toutes les flammes.
« Merci Melius ! Les animaux ici sont très nerveux et on ne saurait les plaindre pour cela ». Il commença à les caresser et à murmurer des paroles que l’ensorceleur ne pouvaient entendre.
Melius constata que les hippogriffes étaient à nouveau calmes.
« Le moment est venu de remonter et de comprendre qui s’est invité après notre festin à la tour de Ventplume » dit-il simplement.

Tous les cinq s’engagèrent précautionneusement dans l’escalier. La bataille – une bataille terrible – se poursuivait dans les étages supérieurs.
« Regardez ! » dit Draff en indiquant l’une des ouvertures. Le corps d’un homme tombant du sommet de Ventplume venait d’être pulvérisé en plein vol à leur hauteur.
« Je n’ai jamais rencontré de magie aussi puissante » nota Alcarinquë, qui ouvrait la marche. Ils se trouvaient à présent dans la grande réserve. Partout des cadavres étaient entassés : des cadavres de chevaliers de Ventplume mais aussi de ces guerriers aux armures si étranges.
“Rien à faire ici ! Il faut encore monter !” tonna l’elfe.
Le paladin poursuivit sa folle escalade et découvrit une silhouette assez grande. Elle avait des marteaux à la place des mains et cassait les murs pour passer à côté d’une porte fermée.
“Merosska ! Tu ne perds rien pour attendre !” dit une femme en robe pourpre.
“Pourquoi cette attaque ? Je croyais que nous avions un accord…” dit une voix de l’autre côté de la porte. Il s’agissait bien du maître chevalier de Ventplume.
Juste à ce moment-là l’engin de guerre parvint à ouvrir une brèche sur la pièce voisine.
Merosska s’y était réfugié mais personne n’aurait pu reconnaître dans la petite figure recroquevillée qui se trouvait devant eux l’homme au port altier qui les avait reçus le jour précédent.
“Yasha ! Pourquoi fais-tu cela ?”.
Sans attendre la réponse de la femme, Cafard s’élança et la frappa derrière la tête. Elle tomba au sol, inanimée.
Alcarinquë remarqua alors les objets qui se trouvaient le long du mur de la pièce dans laquelle Thurl Merosska s’était réfugié.
“Notre équipement !”.
Mais l’engin de guerre continuait sa folle avancée dans la pièce et Merosska reçut un coup de marteau à la tête.
Après avoir récupéré son épée elfique, Alcarinquë s’élança entre le monstre animé et l’homme. Mais l’armure de protection de la machine semblait formidable.
“Visez ses articulations ! Elle paraissent plus vulnérables” parvint-il à articuler alors qu’il attaquait et parait sans relâche les terribles coups de marteau que l’objet continuait de lui assener.
Un jet d’acide fut projeté à la poitrine du paladin. “Laisse mon bébé tranquille” dit une voix aiguë.
Un humanoïde à la carrure impressionnante s’était avancé. Sa peau couleur ocre paraissait changer légèrement de tonalité sous les lumières dansantes des torches, comme pour mieux valoriser sa musculature exceptionnelle.
« Un genasi ! » se surprit à penser Alcarinquë.
“Vizan ! » cria Thurl Merosska.
“Tu les a envoyés contre nous ! Ils ont tué Marlos. Maintenant tu connaître le courroux du sorcier de boue et payer !” cria l’humanoïde, progéniture d’un élémentaire et d’un humain.
Mais Draff attaqua avec son glaive le genasi et parvint à le faire chuter. Emporté par la force de l’assaut du drow, celui-ci fut emporté jusqu’en bas de l’escalier. Le golem s’arrêta alors de bouger. Alcarinquë en profita pour viser son articulation et le neutraliser définitivement.
De son côté Merosska avait retrouvé de la vigueur et avait repris à se battre aidé par les derniers chevaliers de Ventplume qui se trouvaient autour de lui. Profitant de la confusion qui régnait à cet étage de la tour, l’un d’entre eux se rapprocha à l’insu de Cafard.
« Mal vu ! » dit le moine qui, ignorant la douleur, abattit sur l’homme des coups de poing formidables.
« Vous ne m’aurez pas, sacrilèges ! » dit enfin le commandeur des chevaliers de Ventplume. Puis, tout en reculant, il commença à murmurer des mots inaudibles. Après avoir posé le pied sur le rebord de la fenêtre, il sourit et sauta dans le vide.
« Non ! Tu ne vas pas t’en tirer ainsi ». Sans réfléchir, Alcarinquë s’élança dans le vide à sa poursuite.
Mais quelques dizaines de pas plus bas, Merosska arrêta sa chute d’un coup. Heureusement pour lui, l’elfe de l’aurore parvint à s’agripper à l’un des membres de l’aéronaute. Les deux formes ricochèrent alors contre les rochers avant de s’écraser en bas. Mourant, Alcarinquë s’évanouit.
La bataille de la Tour de Ventplume venait de prendre fin.

Draff amena à chacun son matériel. Après avoir vérifié qu’ils avaient tout récupéré, Melius, Gwydn et Draff descendirent ensemble vers l’étable des hippogriffes.
« Nous ne pouvons plus sortir par la base de la tour » constata Draff.
« Alors prenons chacun une monture, nous partirons par la cime » répondit Gwydn.
Les trois amis les firent donc monter par l’escalier.
Pendant ce temps-là, Cafard s’était hissé sur le rocher où étaient tombé Thurl Merusska et Alcarinquë. Il n’y avait plus rien à faire pour le commandeur mais Alcarinquë vivait encore. Cafard porta aux lèvres de l’elfe une fiole rempli d’un liquide violet.
« Tiens… c’est une potion de grands soins… tu devrais immédiatement te sentir mieux. Je te dois bien cela » sourit le moine.
« On dirait que c’est chacun son tour aujourd’hui », répondit péniblement le paladin. L’effet de la potion fut immédiat et, d’un coup, il pu se lever aux côtés de son ami.
« As-tu fouillé Merosska ? » demanda-t-il.
« Oui. Je n’ai rien trouvé » répondit Cafard.
« Alors allons rejoindre les autres ».
Ils choisirent chacun un hippogriffe et ils se dirigèrent vers le sommet de la tour.
A nouveau ensemble tous les cinq, les compagnons purent constater qu’une pyramide recouverte d’argent avait été installée sur la cime de Ventplume.
Alcarinquë frissonna en la regardant. « Je ressent quelque chose de mauvais venant de cette pyramide ».
« Des étagères à offrandes ont été placées aux pieds de l’objet » nota Draff.
« Ce lieu a été consacré au mal” répondit le paladin qui s’approcha de l’objet pour mieux l’étudier.
Les hippogriffes hennissaient apeuré et refusaient d’avancer plus en sa direction.
A ce moment-là, la grande cloche de Ventuplume retentit.

En bas de la tour, deux personnes se trouvaient à côté d’elle. L’une était revêtue d’une armure de plaques étincelante.
La cloche sonna à nouveau.
“Eh oh !”.
“Qui va là ?” s’enquit Gwydn qui observait toute la scène.
“Nous cherchons Alcarinquë, le paladin”.
“Qui le demande ?”
L’homme en armure grommela.
“Si Alcarinquë est bien là, pouvez-vous lui dire que Ravek d’Eauprofonde entend s’entretenir avec lui ?”.
Alcarinquë acquiesça du regard et commença à descendre. Gwydn préparait de son côté son arbalète pendant que le pont levier était baissé par Melius et Cafard.
Les deux inconnus s’avancèrent, tirant derrière eux deux montures, deux chevaux noirs à la musculature saisissante. Sur le plastron du premier deux grandes ailes d’anges étaient dessinées.
“Merci. Nous avons fait une longue route. Voici mon écuyer Dargent”.
“Désolés, nous arrivons un peu tard”.
Alors qu’ils atteignaient le grand hall où le festin de Thurl Merosska avait été précipitamment interrompu, Alcarinquë présenta ses amis. « Voici Gwydn le barde, Cafard Blafard le moine, Draff El Zûl le roublard et Melius l’ensorceleur ».
Ravek et Dargent observèrent avec envie les mets servis.
“Ne touchez pas à ces mets-là. Ils sont de piètre qualité” précisa l’elfe de l’Aurore. « Nous en avons fait l’amère expérience ».
“Cher Alcarinquë, comme vous je suis un paladin au service du Temple de Lathander. Nous avons reçu des message alarmants de Rougemélèze, de Béliard et même de Yartar. Quelque chose se trame dans les contrées de la Dessarin. Quelque chose qui s’avançait caché jusqu’à présent mais qui n’hésite plus, désormais, à attaquer à la lumière du jour. Un mal ancien est à l’oeuvre et nous devons l’éradiquer, pour le bien de ces contrées et de leurs habitants ».
Etes-vous prêts à nous aider ?”.
“Je vous aiderai” répondit simplement le paladin.
“Je sais, on l’a tous su » sourit Ravek. ‘Nous avons pris de l’avance sur nos troupes”.
Cafard montra au paladin le cadavre de Yasha.
« Mon enfant, je ne la connais pas malheureusement… cette énigme ne sera pas résolue aujourd’hui, malheureusement ».
« Ne tirons pas de conclusion hâtive » dit Gwydn. « Nous n’avons pas encore exploré toute la tour ».
« Vous avez raison ».

Ensemble, les compagnons et leurs nouveaux invités se mirent à fouiller le bâtiment.
« Voici le butin de Merosska » dit Draff. « Beaucoup d’argent ainsi que des lettres de change au porteur… Elles ont été tirées sur la Banque de bronze de Yartar ».
« Je ne pensais pas que les elfes noirs connaissaient aussi bien les pratiques commerciales des peuples de la surface ! » se moqua Melius.
« Tu serais surpris en découvrant la nature et le nombre de relations que les elfes noirs entretiennent régulièrement avec certains habitants de la surface… ».
“Vous en userez pour ce qui est convenu et rien d’autre. N’oubliez pas qui vous servez” coupa court Ravek en regardant Alcarinquë.

« Regardez : les assaillants portent tous une amulette… la même que ceux qui ont attaqué Béliard » remarqua l’elfe de l’aurore.
« Pas tous. Regarde ici » dit Melius en tendant l’amulette qui se trouvait sur l’un des cadavre. Un autre motif, nouveau, y était gravé  avec les mêmes traits simples.
Gwydn avait son concentré ses recherches dans le bureau de Merosska, aidé de Cafard.
« Je viens de trouver dans le double-fonds de ce secrétaire un  message sibyllin :

Pour ce qui est des enfants, ils sont arrivés à destination.
Comme prévu, il viendra les chercher.
Gagnez du temps avec la Terre Noire

Ils étaient donc au courant pour les enfants… ils ont peut-être eux-même fourni les moyens nécessaires pour les transférer » dit le demi-elfe en tendant le bout de parchemin à Alcarinquë.

Le paladin montra le message à Ravek.
“Où sont les enfants ? Qui viendra les chercher ?”.
“J’ignore tout” répond Ravek. “Ces cultes sont des frères ennemis. Mais combien sont-ils : deux, trois, peut-être même quatre ?”.

Dans les nombreuses caisses qui avaient été accumulées un peu partout dans la tour, les compagnons trouvèrent de nombreux autres parchemins ainsi que des grimoires.
« Il faudra du temps pour tout étudier et nous en avons si peu… » soupira Ravek. Il se trouvait à présent sur la cime de Ventplume et étudiait attentivement la pyramide.
« Je crois avoir compris l’usage de cet artefact » dit-il en demandant aux compagnons de le rejoindre accompagnés de Dargent.
“Cette tour est une construction naine”.
L’objet était entouré d’une odeur âcre et blasphématoire. Des nuages s’accumulaient à l’Est.
“Mettons-nous en cercle autour de cette pyramide. Tenez-vous par la main”.
Un silence terrible s’installa.
La foudre frappa un sommet à des lieues du repaire des aéronautes.
Une énergie inconnue parcourut l’intérieur du cercle.
D’une voix puissante Ravek poursuivit : “Nous sommes les paladins”
Une chose sembla ricaner dans la pyramide.
“Nous sommes les paladins !”.
Soudainement il ressentirent que la force qui était emprisonnée dans la pyramide s’en échappait : le mal à l’état pur, renforcé au contact des forces élémentaires de l’air.
Mais aucun des compagnons ne lâcha le prise.
« Mes amis, le cercle ne doit pas se briser ! » hurla Ravek. « Tenez bon ! ».
La force qui venait d’être libérée tentait de s’insinuer entre eux, testait chacune de leurs défenses mentales, prête à se saisir de la moindre faiblesse.
« Encore un peu de patience ! Elle s’affaiblit » cria encore le vieux paladin.
La douleur devenait insupportable.
Puis elle s’en fut. La tour était à nouveau débarrassée du mal.

Ils s’écroulèrent, épuisés par le combat silencieux qu’ils venaient de livrer.
“Dargent n’a pas fait partie du cercle. Peut-être est-il trop jeune ?” se demanda pensivement Gwydn.
Mais son attention fut à nouveau attirée par la pyramide. Alcarinquë et Ravek venaient de soulever son enveloppe extérieure.
« Regardez : un pinacle avec des crans. Cela permet de le placer  dans certaines positions. Un mécanisme facilitant le rite qui avait ici accompli pour convoquer cette force particulière ».

La nuit venait de tomber et le chant des grenouilles phosphorescentes du désert, bien connues de Cafard, plongeait leurs oreilles dans une étrange cacophonie.
Au dessus d’eux flottaient les montagnes, perdues dans un champ d’étoiles.

Toutes les images (c) Wizards of the Coast Ltd.
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Une réflexion sur “Les Chroniques de Dessarin – Episode 4, Partie 3

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