2018, année des financements participatifs

Je ne pense pas être le seul à constater que notre passion, le jeu de rôle, vit un très bon moment. La fin des années 1980 et leur hystérie collective ainsi que la grosse traversée du désert qui en a résulté paraissent bien loin…

Ce retour en grâce du public coïncide avec une période de grande créativité et on ne compte plus les productions de grande qualité. Je pense que l’avènement du financement participatif n’y est pas étranger. Cette technique permet en effet aux créateurs et aux éditeurs de réduire les risques, de sonder l’appétence du public pour un certain type de produits et même parfois d’oser le lancement d’un projet qui n’aurait pu voir le jour autrement. Et on peut ajouter à cela que désormais créateurs, illustrateurs et autres maquettistes peuvent travailler à des milliers de kilomètres de distance les uns des autres ! Ainsi Francesco Nepitello, l’auteur de The One Ring, publié par Cubicle 7 (L’Anneau Unique dans son édition française par Edge) réside à Venise ! Et Simon Rogers et Cathriona Tobina, gérants de Pelgrane Press (enfin, Simon Rogers vient d’annoncer récemment qu’il se mettait en retrait) ne vivent pas tous les deux dans le même pays. Voilà qui ouvre des perspectives autrefois difficilement imaginables.

J’ai eu la chance de participer à la première campagne de financement participatif qui a montré la voie à d’innombrables d’autres créateurs, je parle de Numenera, premier essai de Monte Cook Games dans un jeu complètement nouveau. Avec plus de 517.000 $ récoltés, Numenera a fixé pendant de nombreuses années le record de financement participatif d’un jeu de rôle de table. Mais après Numenera, je n’avais participé qu’à très peu de campagnes de financement, deux en fait :

Non pas que j’aies été échaudé : Monte Cook Games avait livré un jeu remarquable à tous points de vue (même si avec une marge de progression possible au niveau des scénarios proposés dans l’ouvrage de base). Et j’ai adoré The Dracula Dossier et Mindjammer. Simplement, il n’y avait pas d’autres projets qui aient suscité mon intérêt. Pas même la nouvelle édition de Conan par Modiphius. La relative indigence en aventures au début, aspect essentiel pour un groupe comme le nôtre qui n’a pas beaucoup de temps à consacrer à la préparation, m’avait retenu. Enfin, s’agissant de Tales from the Loop, j’étais tout simplement passé à côté, ce que j’ai regretté après, tant ce jeu m’a passionné à sa lecture et à notre table. Bon, j’avais pu quand même pu me rattraper.

2018 aura été une année où, au contraire, divers financements participatifs m’ont enthousiasmé :

Plus récemment, je viens de soutenir le financement de:

  • Lex Arcana, le plus grand jeu de rôle italien de tous les temps, que l’on doit notamment à la plume de … Francesco Nepitello !
  • The Chronicles of Future Earth Roleplaying Game toujours de Sarah Newton. Sarah fait partie des quelques auteurs dont je suis toutes les productions et j’ai eu la chance de la rencontrer quelques mois avant le lancement de ce Kickstarter. Je lui ai acheté le roman The Worm Within, afin de mieux apprécier l’univers et, définitivement conquis, j’attendais avec impatience le début de la campagne de financement.
  • Things from the Flood, la suite de Tales from the Loop. A présent, ce sont les années 1990, les enfants ont grandi et les enjeux ont grandi avec eux.

La livraison des contreparties de toutes ces campagnes de financement devrait être décalée dans le temps. Cela devrait me laisser le temps de voir un peu venir et d’apprécier à leur juste valeur chacune de ces productions. Mais j’avoue que j’attends ce moment à la fois avec désir et incrédulité. J’espère ne pas être tombé dans une autre forme de collectionite après la crise d’archéorôlisme que j’avais réussi à surmonter, péniblement.

Par ailleurs, l’arrivée prochaine de tous ces jeux dans le repaire des Compagnons pose des problèmes très concrets : je crois qu’il va falloir que je fasse l’acquisition d’une nouvelle bibliothèque pour donner à chacun la demeure qu’il mérite. J’espère aussi que nous aurons la possibilité de tous les essayer à notre table, car un jeu qui n’est jamais joué demeure pour moi un enfant esseulé. Dans le même temps, qu’est-ce que j’aimerais que nous puissions augmenter notre fréquence de jeu ! Une séance par mois, qu’il neige ou qu’il pleuve, c’est ce qui nous a permis de tenir la distance depuis 2014 mais cela se révèle aussi être tellement frustrant quand on a à sa disposition tant d’univers à explorer…

Image (c) Tumisu.
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