L’Appel de Cthulhu : Amnesia (01)

Notre réunion estivale est souvent l’occasion d’arpenter des chemins de jeu que nous avons délaissés. Pour ce mois d’août, Pierre, la dernière recrue des Compagnons, nous a proposé de maîtriser un scénario de l’Appel de Cthulhu. Inutile de dire que cette proposition nous a immédiatement enthousiasmés. Incroyable, mais en 5 années d’existence nous n’avions jamais rejoué ensemble à ce jeu ! Ce tort a donc été réparé au cours d’une séance spectaculaire. A noter que ce choix, prévu de longue date, s’est révélé particulièrement heureux lorsque nous avons découvert les résultats des Ennies Awards 2019, où L’Appel de Cthulhu a régné en maître.

Voici les personnages que notre Gardien avait concoctés pour cette session :

Amanda Stephton : Froide et cassante, d’une rigueur frôlant la névrose : tout doit être contrôlé. Major dans les renseignements US. Elle a le pouvoir de contrôler l’organisme d’autres êtres vivants.

Caporal Dominic Dugan : Aussi haut que large, tout en muscle. C’est un expert en combat et en armes. Si son QI n’est pas au top, il a beaucoup de bon sens et une volonté hors norme. Il sait tout piloter et est un mécano hors pair.

Emmanuel Toro : Un jeune homme hispanique de 17 ans. Extraverti et limite insolent, il a travaillé pour un cirque qui profitait des représentations pour commettre des vols. Délinquant et acrobate ; il a un certain pouvoir sur le feu mais ne peut en créer par lui-même.

Professeur Edward Shivers : mince et grand, portant des lunettes et des gants en toutes occasions. C’est le cerveau de l’équipe : il parle de nombreuses langues et bénéficie d’un savoir encyclopédique. Timide et légèrement paranoïaque, il a du mal à communiquer. Il déteste les contacts humains et pour cause, il a un pouvoir psychométrique incontrôlable.

Docteur Phillip : un homme de taille moyenne, solidement charpenté avec une barbe et fumant la pipe en toutes occasions. Calme, courtois et charmeur, c’est un homme à qui on a envi de faire confiance. Médecin chevronné, il est un psychanalyste reconnu. Il a été médecin militaire et est assez doué dans le maniement des poings et des armes. Son charisme frise l’hypnose et rare son ceux qui peuvent lui cacher ou lui refuser quelque chose.

Docteur Henry Jenkins : Médecin spécialisé en toxicologie, il est plutôt chétif et semble en permanence sur la défensive. Il privilégie le dialogue au combat, évitant au maximum les tensions et pour cause…lorsqu’il perd le contrôle, notre cher docteur laisse la place à un être beaucoup moins doux.

Boston, avril 1935. Les Compagnons se réveillent dans ce qui semble être un hangar. Des douleurs à la tête, un goût bizarre dans la bouche, un goût métallique et douceâtre à la fois… le goût du sang. Où sont-ils ? Difficile à dire et… qui sont-ils ? Ils n’arrivent pas à s’en souvenir.

Autour d’eux, ils découvrent de nombreux corps calcinés et leur examen sommaire révèle qu’ils ont tous la même carrure et, à ce qu’il semble, les mêmes habits. Personnel militaire, personnel d’un laboratoire?

Ils s’observent : une jeune femme à l’allure raffinée, un homme portant d’épais gants en caoutchouc, un autre aux cheveux roux parsemés de gris (un Irlandais peut-être ?), enfin un dernier homme élégant. Mais aucune pièce d’identité et impossible de se remémorer quoi que ce soit.

Alors qu’ils retrouvent péniblement leurs esprits, la jeune femme du groupe remarque en se relevant que quelque chose dans son manteau tape contre son genou : une clef, cousue dans la doublure, autour de laquelle un papier a été enroulé. Sur ce papier se trouve inscrit un numéro, probablement un numéro de téléphone. Le hangar dans lequel ils se trouvent est plongé dans la pénombre mais ils peuvent entrevoir un escalier métallique qui conduit à un bureau surplombant l’espace de travail.

Dans le bureau ils peuvent constater qu’ils se trouvent dans une entreprise d’import-export de fruits de mer et de mollusques. Crab’n’Carry… Avec soulagement les amnésiques constatent que l’électricité fonctionne ainsi que le téléphone. La jeune femme compose le numéro de téléphone et avec surprise entend une voix familière à l’autre bout du fil, une voix qui paraît avoir été enregistrée sur un gramophone… sa propre voix ! Comment est-ce possible ? Mais après cette première surprise, elle relève attentivement les instructions que la voix répète une deuxième fois. Une adresse en plein centre ville de Boston. Dans le même temps, la fouille réalisée confronte chacun à une découverte : ils ont chacun des capacités paranormale, l’un le pouvoir de psychométrie, l’autre de pyrotechnie, la jeune fille le pouvoir de modifier le métabolisme.

Les Compagnons quittent donc l’entrepôt à bord d’une voiture se trouvant à proximité et dont ils découvrent détenir la clef. Leur propre voiture très vraisemblablement. L’adresse correspond à un immeuble luxueux et moderne, construit depuis peu, probablement au tout début des années 1930. Quelque chose attire leur attention, le sentiment que certains choix architecturaux ne soient pas totalement habituels. Mais s’ils veulent pouvoir retrouver la mémoire et se retrouver eux-mêmes, ils doivent suivre cette piste jusqu’au bout.

La jeune femme se dirige donc vers l’entrée, majestueuse, de l’immeuble. Au milieu d’un grand hall revêtu de marbre gris se trouve le bureau du concierge. A l’évidence, celui-ci la reconnaît et lui adresse un large sourire en lui montant la voie vers l’ascenseur. La jeune femme ne peut s’empêcher de noter qu’il s’agit du concierge le plus étrange qu’elle ait rencontré : il a plutôt l’air d’un militaire déguisé en civil. Mais elle découvre en elle-même un courage insoupçonné et s’engouffre, accompagnée de l’un de ses camarades, dans l’ascenseur. Une serrure est nécessaire pour aller aux étages et la clef dans sa veste semble pouvoir correspondre. Avec trépidation, elle l’essaye : c’est bon ! Avec une douce accélération, l’ascenseur les propulse quelques étages plus haut, dans un bel appartement qui doit être situé au coin de l’immeuble.

Ils commencent à fouiller l’appartement à la recherche d’un quelconque élément qui puissent les accompagner dans cette quête de leur passé. Visiblement cet endroit ne leur est pas inconnu. Il s’agit des locaux d’une cellule d’une agence gouvernementale : le Bureau Paranormal de Recherche et de Défense. Des dossiers s’y trouvent, lesquels concernent plusieurs personnalités soupçonnées d’être des sympathisants du IIIe Reich. Un nom ressort en particulier : Dietrich Fueller. Des nazis à Boston ? Cette information est grave. Ils découvrent aussi des références à une ville côtière dont le nom ne leur semble pas totalement nouveau : Innsmouth.

Ignorant les dangers ineffables autant que mortels qui les attentent sur place, les investigateurs décident de passer chez le Caporal Dugan afin de récupérer de l’équipement, du genre bruyant et létal. Ils se rendent rapidement compte qu’ils ont été devancés et qu’un groupe d’hommes en complets gris et parlant allemand les attend à l’intérieur.

Une lutte furieuse s’ensuit, au cours de laquelle chacun puise en lui-même une volonté féroce de survie … et découvre qu’il est doté de pouvoirs étranges ! Ainsi l’un d’entre eux éprouve une sorte de trance lorsqu’après avoir enlevé ses gants il touche le corps de l’un des espions allemands. L’esprit de celui-ci s’ouvre à lui, et le flot des pensées emplies de terreur de celui-ci déferle dans sa propre tête. Quel genre d’équipe peuvent-ils constituer ? Ils ne sont certainement pas des agents ordinaires… Assez rapidement la confrontation tourne à leur avantage et les investigateurs décident de cesser ce jeu du chat et de la souris.

Il y a quelque chose de pourri à Innsmouth… Cette ville est placée sous quarantaine par l’armée. Pourtant tous les indices recueillis les ramènent toujours vers cette ville. Elle apparaissait dans leurs propres dossiers et dans les souvenirs des agents allemands. Innsmouth sera donc leur prochaine destination.

Après avoir roulé quelques heures, ils parviennent à dépasser le premier poste de contrôle et découvrent une ville en apparence complètement déserte. En apparence seulement… car des traces de de poids lourds montrent qu’il y a récemment eu du passage en direction du vieux port. Sur place, des cadavres, encore, montrent des signes de morsures et de griffures et des installations médicales rudimentaires. Les éléments commencent à se mettre en place dans la tête de nos enquêteurs : le but des ces allemands est probablement de vouloir créer une race hybride entre des humains et des profonds pour en faire une arme redoutable. Les dernières pièces du puzzle sont réunies par le Docteur Shivers qui, à nouveau, retire ses épais gants noirs…une étrange idole de basalte qui appelle les créatures, un combat sauvage, des amputations et un nom : celui du Professeur Dietrich Fuller, le cerveau de l’opération qui a réussit à s’enfuir.

La piste commence à refroidir et le seul indice qui leur reste est un badge officiel du BPRD qui a permis à l’équipe allemande de s’introduire dans le village côtier. Il ne leur reste donc qu’une chose à faire, débusquer le ou les traitres dans les bureaux de l’agence.

Le moment de la confrontation finale est venu !

Images (c) Chaosium Inc.

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