En courant vers Roc Plat…

IMG_20200329_124641790Donc, nous l’avons fait ! Grâce à Colonial Gothic : à l’est d’Eden, nous sommes partis, en plein confinement (ici et maintenant), de l’autre côté de l’Atlantique, jusqu’au Canada, et de l’autre côté de l’Histoire, jusqu’au XVIIIème siècle. Nous avons couru, à travers les bois sauvages de la Nouvelle-France, cheminant des rives du Saint-Laurent, jusqu’aux confins du territoire de la Confédération des Iroquois, à la recherche d’un sens à donner, au silence étrange de ce fortin français, de cet avant-poste reculé, à deux semaines de marche, au sud-ouest de Québec, en cet automne 1754, qui semble déjà basculer dans la guerre de Sept Ans. Anglais et Français, Hurons et Iroquois, tous doivent comprendre, désormais, que leurs différends séculaires, pour la puissance et l’argent, pour la gloire et l’honneur, n’auront bientôt plus d’importance, car une autre guerre se prépare. Une guerre sous la guerre, une guerre qui déchirera les frontières entre le Monde des Esprits et celui des Colonies, et verra le retour des forces obscures qui se tapissent dans les interstices du réel. Et il faudra alors que les grandes Compagnies se positionnent : Cent-Associés et Francs-Maçons, notamment, devront s’entendre, et, au mépris des symboles et de serments qui les opposent…

Nous avons lu et respecté les consignes de Robert Campagne, notre intermédiaire qui nous transmet les ordres de la Compagnie de Cent-Associés.

Chers Agents, Comme vous le savez, la Compagnie des Cent-Associés a des droits sur vous, et vous lui avez juré fidélité. Elle existe depuis 1627, lorsque le cardinal de Richelieu décida de la fonder pour protéger les colons en Nouvelle-France, et, aujourd’hui, sous le règne de notre bon roi Louis le Quinzième, nous poursuivons notre mission : surveiller les tribus indiennes et l’ennemi anglais qui parfois les recrute, et surtout, rester à l’affut des manifestations des puissances surnaturelles, des assauts de cet Egrégore qui menace nos esprits, nos forts ,et nos cités. Rendez-vous, sans tarder, jusqu’à l’avant-poste de Roc Plat, au sud-ouest de Québec, à la frontière avec le territoire de la Confédération des Iroquois. Nous n’avons plus de nouvelles de nos colons depuis trois mois, à présent. Allez hardiment au-delà du Chemin du Roy ! Enquêtez, et, si vous le pouvez, revenez m’informer.Ou mourez avec courage pour le Roi et la France !

Cette aventure nous a beaucoup appris, au rythme des lancers de nos 2D12, et des bonus/malus modificateurs de nos actions, selon qu’elles soient conformes à nos profils ou particulièrement difficiles à accomplir. Nous avons respecté les règles du jeu, les règles des lieux, et nous avons senti nos personnages vibrer de courage, trembler de peur, et rester soudés, face à l’Innommable qui les appelait au coeur de la Nuit.

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Les coureurs des bois, qui cheminent hardiment en dehors du Chemin du Roy, et surtout Marine Dampierre, plus indienne que française, puisqu’elle est née, ici, dans ce Nouvel Eden qu’elle vénère, voient la Nature qui s’altère, et les chamans, de quelque tribu qu’ils viennent, sentent bien que le Bois Sans Fin, ce monde éthéré des Esprits qui justifie le nôtre, s’enténèbre, inexorablement, et se confond, déjà, avec les Mille-et-Un Vaux, d’où surgissent, en méprisant cette société à laquelle ne croient que les philosophes confinés et les citadins apeurés, des créatures putrides, qui souillent les arbres, les mousses et les lacs. Coahoma, dit Panthère  Rouge, notre chaman Huron, qui est plus proche de Marine que de son propre clan, a fait la terrible expérience de cette souillure. En transe, il a affronté le dieu dieu Co-ro-tumi, dont les hordes sombres, ces Mandoags qui furent maudits à l’aube des temps, reviennent, pour prendre possession des corps meurtris de nos soldats et pour les retourner contre nous. Simon Baudin, dit « Bordeaux », a fait la pire expérience de sa vie de soldat, lorsqu’il a dû abattre, au mousquet, son ex-compagnon, Paul le Boiteux, qui ne pourra jamais lui rendre l’argent qu’il lui devait, car les non-morts n’honorent pas les dettes des vivants. Helmut Srauer, notre compagnon allemand, lui, n’est pas rentré. Il a disparu, une nuit de bivouac, dans les bois malades rongés par un mal suintant qui transforme leur sève en sécrétion nauséabonde, sombre comme de la viande avariée. Il n’a laissé, lui, l’ébéniste qui était venu chercher fortune en ces terres prometteuses, qu’un petit cheval de bois, qu’il sculptait de la pointe de son couteau, tout en cheminant. Alise Simonet, dont le père servait déjà les Cent-Associés, et qui conjugue son érudition alchimique avec celle d’Aminata, cette ancienne esclave venue d’Afrique, affranchie par Louis de Marmont, et protégée de Robert Campagne, ont mis leurs compétences alchimiques au service du groupe, mesurant l’acidité des mousses, décelant les traces physiques de la malédiction des Mandoags. Et, puis, il y eu la rencontre avec le grand scientifique, Américain dans l’âme et par la naissance, Benjamin Franklin, membre d’une Loge maçonnique dont nous tairons le nom, et appelé sans doute à un immense destin. Rencontré en compagnie d’un groupe d’Iroquois, emmenés par le sage Regard-Tonnerre, il a rejoint le groupe et nous a accompagnés jusqu’au Roc Plat, avec ses carnets griffonnés de notes et son étrange matériel métallique, dans son sac, auquel il semble plus tenir qu’à sa propre vie. Il survécu, finalement, à la nuit terrible de Roc Plat, où nous avons trouvé l’énergie morale, psychique et physique, de préserver nos territoires du Mal, et tout le Nouveau-Monde. Coahamo l’a payé cher, mais pas de sa vie, grâce à Marine, mais de son intégrité spirituelle. Alise et Aminata ont empalé un chaman Mandoag, et déchaîné la puissance de la foudre grâce au paratonnerre expérimental de Franklin, et à la fin de cette nuit de tempête, le fortin de Roc Plat n’est plus.

Roc Plat n’est plus !

Il n’en reste qu’une pierre brisée, telle une dalle sacrificielle que Co-ro-tumi ne pourra plus utiliser contre les hommes de bonne volonté. Nous avons laissé, sur le chemin du retour, le petit cheval de bois sculpté par Helmut, au bord d’une cascade étincelante, dans un havre de pureté, où l’eau était claire comme le regard d’un nouveau-né. Coahoma a cru y trouver la paix, mais son combat pour retrouver la voix de ses Esprits, lui, ne fait que commencer…

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